17a. La réminiscence des pavés

par Dorian Gray*

(Nous avons rédigé cette page en utilisant l’édition Gallimard d’Albertine disparue ; dans l’édition Grasset une grande partie du séjour du Narrateur à Venise a été ôtée par Proust, notamment le passage concernant la basilique Saint-Marc dont il sera ici question1.)

Bnf EST

Une légende littéraire tenace affirme que la réminiscence ressentie par le Narrateur en foulant des pavés de la cour des Guermantes prend sa source à Venise, alors qu’il marchait sur les dalles de la basilique de Saint-Marc, aux côtés de sa mère. On a déjà laissé entendre, lors du chapitre 16, consacré à la matinée à l’hôtel Guermantes, que cette réminiscence n’avait rien à voir avec Venise. Réfutons d’abord la légende.

Qu’y a-t-il de commun à toutes les réminiscences de Proust ? L’enfer, le crépuscule et la séparation d’avec sa mère avant la nuit sont des images toujours présentes ; pas forcément toutes en même temps. Mais dans ses réminiscences se retrouvent toujours l’une de ces visions, souvent deux, voire trois en même temps. (Notons en passant que l’Enfer, le crépuscule ou l’abandon signifient la même chose : la mort)

A) Lors de la scène de la tasse de thé, la mention de l’enfer a été retirée de la version définitive alors que la descente d’Énée aux Enfers était bel et bien présente dans des avant-textes (cf. Chap. 5). Puisque nous voulons aller le plus près de l’origine des sensations, nous considérerons plutôt la version des avant-textes, celle où il est question d’Énée aux Enfers. La scène se déroula un soir alors qu’il rentrait, transis par la neige. Sans doute faut-il aussi signaler que la scène de la biscotte survient, dans le roman, juste après la scène du coucher, c’est-à-dire après LA scène de la séparation.

B) Dans l’épisode des trois arbres, comme dans celui de la biscotte, la descente d’Énée aux Enfers figurait dans des avant-textes, en l’occurrence dans Contre Sainte-Beuve mais aussi dans Le Temps perdu2 (op. cit, p. 521) ou dans les Soixante-quinze feuillets (p. 140). Le Temps perdu, dont on parlera plus amplement dans notre chap. 21, est une sorte d’avant-texte de Du côté de chez Swann et des Jeunes filles en fleurs. La descente d’Énée aux Enfers, décrite dans le Temps perdu, a été ôtée de la version définitive ; Proust a retiré : « Comme les ombres  autour d’Énée ils semblaient me demander de les emmener avec moi, de les rendre à la vie. » Vu l’heure crépusculaire à laquelle la scène eut lieu, on devine que le Narrateur était angoissé (cf. notre chap. 15). Dans Contre Sainte-Beuve, il ne s’agit pas de trois arbres mais d’un groupe d’arbres : « Fantômes d’un cher passé, si cher que mon cœur battait à se rompre, ils me tendaient des bras impuissants, comme ces ombres qu’Énée rencontre aux Enfers. » (CSB, éd. Folio, p. 48). Récapitulons : Dans l’épisode des trois arbres, à l’origine, le Narrateur parlait d’enfer, de mort et de séparation. Là encore, on l’a dit, cela se passait au crépuscule.

C) Dans la réminiscence des trois clochers (cf. notre chap. 15), c’est surtout l’angoisse de la séparation d’avec sa mère au crépuscule qui est manifeste ; la mort n’y est cependant pas absente : « Je frissonnais, je ne détachais pas mes yeux angoissés du visage de ma mère, qui n’apparaîtrait pas ce soir dans la chambre où je me voyais déjà par la pensée, j’aurais voulu mourir. Et cet état durerait jusqu’au lendemain [etc.]. » (Du côté de chez Swann, Folio, p. 272 ; I, 181.) Récapitulons : Cela se passe au crépuscule et le Narrateur évoque la mort et son angoisse de la séparation d’avec sa maman.

D) On peut supposer que la réminiscence du cabinet de nécessité advint en fin d’après-midi ou en soirée, car dans le Temps perdu, trois lignes seulement après la description de la réminiscence, le Narrateur rentre chez lui (il ne jouait pas avec Gilberte, comme dans la version définitive) ; il y prendra un peu de bière pour prévenir une crise d’étouffement. Dans La Prisonnière, une allusion à la scène des toilettes publiques confirme l’heure crépusculaire : « La décroissance du jour me replongeant par le souvenir dans une atmosphère ancienne et fraîche, je la respirais avec les mêmes délices qu’Orphée l’air subtil, inconnu sur cette terre, des Champs Élysées. » (coll. Folio classique, p. 24 ; III, 540) Il s’agit ici des champs de l’Élysée, le séjour des âmes privilégiées, appelées à retourner sur terre ; mais c’est également une allusion à l’atmosphère ancienne et fraîche du cabinet de nécessité sis aux Champs-Élysées. Dans la scène des W.-C. le Narrateur utilise un vocabulaire rappelant les tombeaux égyptiens : La tenancière de l’établissement lui ouvre « la porte hypogéenne de ces cubes de pierre où les hommes sont accroupis comme des sphinx (I, 484 ; Jeunes filles, Folio, p. 64). » Récapitulons : Le Narrateur a évoqué ici l’angoissante heure crépusculaire, a évoqué la mort et l’enfer — des Grecs et des Égyptiens —, et, en prime, si l’on peut dire, sa crise d’étouffement.

E) On a détaillé, dans notre notre chapitre 14 intitulé « Le baiser du soir », l’heure à laquelle advinrent ces réminiscences. Résumons-le : elles sont toutes, sans exception, reliées à l’angoisse de la séparation d’avec sa maman, le soir.

On va maintenant chercher l’origine de la réminiscence des pavés. Où ? — C’était à Venise, affirme Proust dans le Temps retrouvé et dans Contre Sainte-Beuve3. Nous regrettons de parler ainsi de l’Adoration perpétuelle, où Proust fit cette remarque, mais nous ne croyons pas un traitre mot de cette affirmation ; c’est impossible pour les raisons suivantes :

1)  À Venise Proust avait une trentaine d’années, âge canonique ; trop vieux pour ressentir un phénomène d’Isakower, lequel se manifeste généralement dans l’enfance ou l’adolescence (trop vieux pour éprouver un isakower à Venise, et a fortiori à l’hôtel Guermantes) ;

2)  Il était à Venise avec sa maman pour lui tout seul ; donc pas d’angoisse de séparation, pas de jalousie possible à l’égard du frère cadet, resté en France ; et, son père étant lui aussi absent, il sera donc le dernier à embrasser sa mère avant la nuit ; qui plus est, son amant est aussi du voyage, son cher Bunibuls, Reynaldo Hahn ; ainsi que Marie Nordlinger, cousine de Reynaldo, (et la tante de Marie) ;

3) Dans Albertine disparue le Narrateur décrit le moment et le lieu où, selon la légende, il est censé avoir éprouvé une réminiscence en marchant sur le pavage de la basilique ; voici le passage (éd. Folio, p. 225 ; IV, 224) :

« Nous entrions ma mère et moi dans le baptistère [de Saint-Marc], foulant tous deux les mosaïques de marbre et de verre du pavage, ayant devant nous les larges arcades dont le temps a légèrement infléchi les surfaces évasées et roses, ce qui donne à l’église, là où il a respecté la fraîcheur de ce coloris, l’air d’être construite dans une matière douce et malléable comme la cire de géantes alvéoles ; »

Avez-vous remarqué l’évocation d’une expérience de mémoire involontaire ? Non ? Nous non plus ; c’est normal, il n’y en a pas. Si Proust avait ressenti un effet Isakower sur des pavés ou des dalles à Venise, il n’aurait évidemment pas manqué de le décrire, tant est grande, tout le monde le sait, l’importance que cette étrange expérience intérieure eut en lui et dans son œuvre. De tels moments sont rares, écrit-il dans un carnet (1908) à propos des irruptions de mémoire involontaire, mais ils dominent toute la vie. Or dans le passage cité à l’instant, qu’avons-nous vu ? On a vu le Narrateur marcher avec sa mère dans la basilique, tranquille Basile, sur un pavage de marbre et de verre ; rien à voir avec quelqu’un, familier de l’introspection, qui viendrait de vivre à l’instant un des moments les plus étranges et les plus extraordinaires de sa vie. De plus, on sait qu’à chaque réminiscence, le Narrateur, comme chaque isakowerien, éprouve le besoin de s’isoler, ne serait-ce que quelques instants, pour mieux étudier ce qui vient de se passer d’incroyable en lui ; ici il ne marqua aucun arrêt : signe qu’il n’éprouva rien de particulier.

On peut rallonger d’une page ou deux, par le haut ou par le bas, l’extrait d’Albertine disparue que nous venons de citer, le résultat sera le même : pas d’effet Isakower. On a expliqué (chap. 16 et 21) pourquoi Proust a choisi le baptistère de San Marco pour y transposer sa réminiscence, laquelle, en réalité, remonte à son enfance et non à Venise ;

4) Cette même page d’Albertine disparue nous apprend que c’est lors d’une matinée qu’il foula le pavage de l’église avec sa mère et non au crépuscule, heure propice aux réminiscences du Narrateur. Il est clair que cette légende de Venise n’a aucun des critères minimum requis pour faire partie des expériences de mémoire involontaire ressenties par notre auteur : pas d’angoisse crépusculaire, pas d’enfer, pas de séparation d’avec sa mère.

Rappelons que le déséquilibre est un des symptômes du phénomène d’Isakower :

« I mentioned before that the variouus sensations in blank hallucinations correspond to the somatic responses in a primary traumatic situation. This is especially conspicuous in some hallucinatory phenomena which are signs of vestibular irritation. Sensations such as dizziness, being engulfed by vague cloudy masses, changes of body feeling, feelings of falling and sinking or floating, distortions of space perceptions are strikingly identical with those reported by patients with organic vestibular disturbances; they are always felt as imminent death5. » (Max Stern)

Selon O. Isakower (art. cité, p. 198) :

« Dans bien des cas, on trouve de nettes impressions de flottement, d’engloutissement, des vertiges. »

Extrait du témoignage d’un patient de Arnold D. Richard  :6

« With this interpretation he began to feel dizzy: « The room is spining, tipping like a ship does in water, like a rocking craddle. I feel very unstable. All my supports are falling. I am out of balance. » »

Mais alors où peut-elle bien naître, cette réminiscence des pavés ? Eh bien, dans un passage où se trouveront, ainsi que pour les épisodes de mémoire involontaire évoqués plus haut, l’angoisse de la séparation, la mort ou l’enfer, puisque les réminiscences ont toutes la même cause. Certes, nous avons montré (chap. 16) que le taxi dans la cour des Guermantes avait très certainement déclenché la réminiscence sur les pavés ; d’autre part on sait que la sensation de déséquilibre — on en a parlé en citant des exemples au chap 16 — est souvent rapportée dans les témoignages de notre phénomène.

Nous ne pouvons pas adhérer aux idées de certains critiques de la Recherche qui voient dans les réminiscences une sorte de longue errance du héros, une espèce de parcours initiatique au bout duquel, après avoir élucidé quelque énigme, il franchirait un seuil le conduisant à l’épiphanie de son art. En vérité l’origine des réminiscences est plus simple : Selon nous chaque réminiscence peut être comparée à la réplique d’un tremblement de terre, qui compterait environ quatre ou cinq répliques. En l’occurrence on pourrait l’appeler tremblement d’âme, dont le foyer est situé dans la petite enfance du trembleur. On pourrait nous objecter : Pourquoi ces sensations de joies dont parle le Narrateur, s’il s’agit d’un tremblement de son sol mental ? Nous avons abordé ce problème dans notre chapitre 13, intitulé : Résistance.

Nous avons omis de signaler un fait qui aujourd’hui nous paraît important concernant la réminiscence des pavés : Isakower souligne dans son article que le phénomène survient très souvent lorsque le patient est en décubitus (ce qui fut notre cas). Qu’en était-il pour le Narrateur ? Il était assis, sauf lors de la réminiscence des pavés ; et ceci a évidemment contribué à son déséquilibre. Demeure le cas de la réminiscence des toilettes publiques des Champs-Élysées :  assis ou debout ?…  

Max M. Stern, et d’autres thérapeutes, ont souligné que beaucoup d’effets Isakower sont à mettre en relation avec des terreurs nocturnes (pavor nocturnus)7. Nul n’ignore que la crainte de la nuit et le supplice du coucher étaient également le lot du jeune Marcel. On a signalé ici (chap. 7) l’isakower ressenti dans son enfance par un psychanalyste, Gert Heilbrunn ; les premières récurrences de son phénomène avaient l’air vraiment terrifiant.

En bref, et compte tenu de ce que l’on sait de notre étrange phénomène, la scène de la biscotte est somme toute assez banale. Comme on l’a montré dans notre chapitre 9, il est courant de rencontrer une pâtisserie, lors d’un phénomène d’Isakower. Rappel : Parmi les friandises apparues lors des isakowers décrits par différents patients (cf. chap. 9), on a rencontré : De la pâte pâtissière (ou pâte à pain), un gâteau marbré, un rouleau de gâteau (une oublie ?), de la pâte à gâteau marbré, un petit pain beurré, une biscotte, du pain grillé, un cupcake, du chocolat.

Chacun est libre d’interpréter à sa façon. Proust n’étant plus là pour dialoguer avec une personne de l’art, qui seule aurait pu nous éclairer sur ce qui s’est passé dans la tête de notre auteur, profitez-en : toutes les interprétations sont possibles ! De toute façon, la susdite personne de l’art eût été soumise au secret professionnel.

Rappelons cette phrase célèbre de Proust : « […] je pensais plus modestement à mon livre, et ce serait même inexact que de dire en pensant à ceux qui le liraient, à mes lecteurs. Car ils ne seraient pas, selon moi, mes lecteurs, mais les propres lecteurs d’eux-mêmes, […] mon livre, grâce auquel je leur fournirais le moyen de lire en eux-mêmes8. » Cette proposition a pour corollaire : Chaque commentateur de la Recherche est, quand il la commente, le propre commentateur de lui-même.

Notre travail était de montrer les similitudes entre l’effet Isakower et les réminiscences proustiennes, rien de plus. Il pourrait donc s’arrêter là ; les diverses interprétations faites à propos de cette madeleine imaginaire ne nous concernent pas ; elles ne nous concernent d’autant moins que, on l’a dit (chap. 6, § 8), la madeleine ne prend pas part à la réminiscence de la tasse de thé ; elle a été volontairement ajoutée par le romancier bien après que la réminiscence eut lieu, elle n’a donc rien à voir avec la mémoire involontaire.

Nous n’avons pas plus de certitudes qu’un autre. Les tenants de l’hypothèse : friandise = sein ont peut-être raison (mais le pain rassis est-il une friandise ?), c’est cependant loin d’être sûr. Nul n’ignore qu’un très jeune enfant a tendance à mettre à sa bouche tout ce qui passe devant lui, y compris la terre et ses cailloux. La bouche est l’organe par lequel il découvre le monde et entre en contact avec lui. Dans ces conditions, l’importance de la bouche dans beaucoup de phénomènes d’Isakower n’est guère surprenante.

NOTES :

*dorian.gray02@yahoo.fr

  1.  Voir la préface d’Albertine disparue rédigée par Nathalie Mauriac pour l’édition Grasset, Paris, [1987] 2013 ; Grasset présente l’édition originale de la dernière version d’Albertine disparue revue par l’auteur ; établie par Nathalie Mauriac et Étienne Wolf ↩︎
  2. Proust, Le Temps perdu, Paris, Bouquins éditions, éd. J. M. Quaranta, 2021. ↩︎
  3. CSB, op. cit., p. 45 : « C’était une même sensation du pied que j’avais éprouvée sur le pavage un peu inégal et lisse du baptistère de Saint-Marc. »  – Le Temps retrouvé, éd. Folio, p. 174 : « […] c’était Venise, dont mes efforts pour la décrire et les prétendus instantanés pris par ma mémoire ne m’avaient jamais rien dit et que la sensation que j’avais ressentie jadis sur les deux dalles inégales du baptistère de Saint-Marc m’avait rendue avec toutes les autres sensations jointes ce jour-là à cette sensation-là, et qui étaient restées dans l’attente [etc.] » ↩︎
  4. Cf. Proust, Carnets, op. cit., p. 49, n. 103. Le même note précise : « Cette réminiscence due à la mémoire involontaire semble antérieure à celle que la madeleine déclenchera chez le narrateur, mais elle sera intégrée dans la deuxième partie du roman. » ↩︎
  5. Max Stern, « Blank Hallucinations… », op, cit., p. 208. ↩︎
  6. Arnold Richard, The Psychoanalytic Quarterly, « Isakower-like Experience on the Couch… », 1985, p. 415 ↩︎
  7. Max M. Stern, « Blank Hallucinations: Remarks about Trauma and Perceptual Disturbances », Intern. Journal of Psycho-Analysis, 1961, vol. 42. ↩︎
  8. TR, coll. Folio 338 ; IV, 610. ↩︎

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2. Présentation du phénomène d'Isakower 5. La scène dite de la madeleine 7. Nouveaux exemples de phénomènes d'Isakower 9. Biscottes gâteaux marbrés madeleines etc. 10. Le passé présent 11. Caractère énigmatique du phénomène 12. À la recherche du sein perdu ? 13. Résistance 15. Réminiscences des trois arbres et des trois clochers 16. La matinée à l'hôtel Germantes 19. Sur la croyance celtique 20. Jean Santeuil et les réminiscences Mémoire involontaire Paris Pavés Réminiscence réminiscences Réminiscences proustiennes Venise

2. Présentation du phénomène d'Isakower 5. La scène dite de la madeleine 6. Analyse de la scène avec Madeleine 7. Nouveaux exemples de phénomènes d'Isakower 9. Biscottes gâteaux marbrés madeleines etc. 10. Le passé présent 11. Caractère énigmatique du phénomène 12. À la recherche du sein perdu ? 13. Résistance 15. Réminiscences des trois arbres et des trois clochers 16. La matinée à l'hôtel Germantes 17. La réminiscence des bottines 17a. Réminiscence des pavés 19. Sur la croyance celtique 20. Jean Santeuil et les réminiscences 21. La réminiscence du chalet de nécessité 22. Bibliographie Champs-Élysées Enfer François le Champi Gaëtan Picon Jean Santeuil La réminiscence du chalet de nécessité la scène du coucher le baiser du soir madeleine Mémoire involontaire Paris Pavés Proust Réminiscence réminiscences Réminiscences proustiennes saint Marc Scène de la madeleine Venise Être extratemporel

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